Bolloré, Debbasch, Sarkozy : quelques vérités bonnes à dire. “Le Monde” décrypte l’affaire de Lomé

Il semble que les pressions répétées de Vincent Bolloré sur la presse n’aient pas encore tout à fait découragé certains journalistes de révéler à l’opinion publique quelques vérités politiquement peu correctes…

Après Libération (Libération, 03.06.09) et Capital (Capital, juillet 2009), c’est au tour du journal Le Monde, dans son édition du 10 juillet 2009, de consacrer à l’affaire Progosa/Bolloré un compte-rendu sans concession : Le Monde, édition du 10.07.09.

Extraits :

« Les basses manoeuvres n’ont pas manqué dans ce dossier. […] En 2005, c’est le détective privé Patrick Baptendier, ex-gendarme, qui avait été sollicité par la société de sécurité GEOS, afin d’obtenir des renseignements sur le duo Perrier-Dupuydauby. “La demande venait de Vincent Bolloré en personne, se rappelle M. Baptendier. […] Dans l’entourage de M. Bolloré, on confirme avoir lancé une enquête. […] Les renseignements sont transmis aux opérateurs de Bolloré au Togo, qui tentent de convaincre quelques journalistes de publier des informations sur Gérard Perrier, le bras droit de Jacques Dupuydauby. »

« Quoi qu’il en soit, le jugement de la cour d’appel tombe et il est favorable à M. Bolloré. […] Depuis, l’affaire fait les gros titres de la presse togolaise. D’autant que M. Dupuydauby tient désormais un blog. Il y affirme, par exemple, qu’il rémunérait Charles Debbasch, le tout-puissant conseiller présidentiel, ex-président de la faculté d’Aix-Marseille, condamné par la cour d’appel d’Aix-en-Provence, en 2005, à deux ans de prison pour détournement de fonds dans l’affaire Vasarely. Sur le blog, des factures signées par le juriste sont produites. “Nous lui avions fait une forme d’abonnement, il était devenu notre avocat, explique M. Dupuydauby, on a dépensé énormément d’argent… on a fini par lui couper les vivres.” M. Debbasch – qui a décliné une proposition de rencontre – a-t-il pu décréter la disgrâce de M. Dupuydauby ? “Ce genre de chose (le retournement de la présidence en faveur de M. Bolloré) peut difficilement se faire sans l’accord tacite de Debbasch”, fulmine l’homme d’affaires.

Mais, pour lui, M. Bolloré aurait aussi usé de ses bonnes relations avec l’Elysée pour le supplanter. Le président Faure Gnassingbé a rencontré Nicolas Sarkozy au moins à deux reprises. La première, lors du sommet de Lisbonne, en décembre 2007, il ne fut question, d’après les notes diplomatiques prises à cette occasion, que de macro-économie, de dettes et de… Charles Debbasch, qualifié par M. Sarkozy de “mercenaire” appartenant à une “époque révolue”. »

Une réponse

  1. Bravo, on déballe tout
    Amitiés

Laisser un commentaire